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FAQ

Vingt-quatre questions sur le crédit lombard et la transmission

Les questions que nos clients posent réellement, avec des réponses précises plutôt que prudentes. Si la vôtre n’y figure pas, posez-la : nous répondons sous 48 heures.

Comprendre le mécanisme

Le fonctionnement du nantissement, les quotités, la durée et les frais.

Quelle est la différence entre crédit lombard et avance sur titres ?
Les deux reposent sur le nantissement d’actifs financiers, mais l’avance sur titres est un produit standardisé, plafonné, souvent limité à douze mois et à une quotité de 30 à 50 %. Le crédit lombard est un financement structuré sur mesure : quotité négociée, durée pouvant atteindre quinze ans, formes multiples et clauses discutées ligne à ligne.
Puis-je nantir un PEA ou un compte-titres ordinaire ?
Le compte-titres ordinaire est le support par excellence du nantissement. Le PEA pose une difficulté : le nantissement de ses titres est admis par la plupart des établissements, mais toute réalisation forcée entraînerait la clôture du plan et la perte de son antériorité fiscale. Nous privilégions donc le CTO comme collatéral principal, en réservant le PEA à un rôle complémentaire.
Quelle durée peut-on obtenir ?
De douze mois renouvelables pour une ligne de crédit confirmée à quinze ans pour un prêt in fine ou amortissable adossé à un patrimoine stable. La durée la plus fréquente sur nos dossiers de transmission est de sept ans, avec possibilité de remboursement anticipé sans pénalité.
Le taux est-il fixe ou variable ?
Variable dans environ quatre-vingts pour cent des offres, indexé sur l’Euribor 3 mois. Un taux fixe est obtenable sur des durées de trois à dix ans, moyennant une majoration de 0,40 % à 0,90 % selon la pente de la courbe. Le choix dépend de votre capacité à absorber une hausse des taux et de la durée réelle envisagée.
Quels frais devrai-je supporter ?
Trois postes principaux : les frais de dossier — de 0 à 1 % du montant, très souvent négociables jusqu’à l’exonération au-delà d’un million d’euros —, la commission d’engagement sur la partie non tirée d’une ligne confirmée, et les frais de mainlevée du nantissement au terme. Notre intervention n’ajoute aucun frais pour l’emprunteur.
Puis-je emprunter dans une autre devise que celle de mes actifs ?
Oui, mais nous le déconseillons sauf couverture explicite. Emprunter en euros contre un collatéral en dollars ajoute un risque de change qui se cumule au risque de marché : une baisse du dollar dégrade votre ratio de couverture sans qu’aucun actif n’ait perdu de valeur intrinsèque.

Transmission et fiscalité

Donation, succession, démembrement, déductibilité et impôt sur la fortune immobilière.

Le crédit lombard réduit-il les droits de donation ?
Non. Ce sont les outils juridiques — abattements, démembrement, donation-partage, pacte Dutreil — qui réduisent l’assiette taxable. Le crédit lombard finance les droits résiduels sans provoquer de cession, donc sans imposition de plus-value : son économie est indirecte, mais souvent équivalente à plusieurs années d’intérêts.
Peut-on financer des droits de succession avec un crédit lombard ?
Oui, c’est l’un de ses usages les plus fréquents. La difficulté est opérationnelle : les comptes du défunt sont bloqués et l’indivision complique la constitution de la garantie. Certains établissements acceptent un nantissement sur attestation notariale, avant même le partage ; d’autres exigent que les héritiers nantissent leurs propres actifs.
Les intérêts sont-ils déductibles de mes revenus ?
Cela dépend strictement de l’affectation des fonds et de la structure porteuse. Déductibles des revenus fonciers si le crédit finance un immeuble locatif, déductibles du résultat d’une société soumise à l’impôt sur les sociétés dans les conditions de droit commun, généralement non déductibles pour une personne physique finançant des droits de mutation. Ce point doit être validé par votre conseil fiscal.
Le crédit réduit-il mon impôt sur la fortune immobilière ?
Le passif contracté pour l’acquisition ou la conservation d’un actif imposable à l’IFI est en principe déductible de son assiette. Des règles spécifiques encadrent les prêts in fine — déduits selon un amortissement fictif linéaire — et les prêts familiaux. Un crédit finançant un portefeuille de titres, hors assiette IFI, n’ouvre aucune déduction.
Que devient le crédit au décès de l’emprunteur ?
Il entre dans le passif de la succession, et le nantissement subsiste. Les héritiers peuvent le reprendre, le rembourser par cession partielle ou le refinancer. Ce point mérite d’être anticipé dès la mise en place, notamment lorsque le crédit a précisément servi à organiser la transmission.
Une donation avant cession est-elle compatible avec un nantissement ?
Oui, et l’articulation est fréquente : la donation purge la plus-value pour la fraction donnée, le crédit lombard finance les droits de donation en attendant l’encaissement du prix de vente. L’enchaînement chronologique des actes est déterminant et doit être piloté par le notaire.

Éligibilité et dossier

Montants, actifs acceptés, résidence fiscale, délais et pièces à fournir.

Quel montant minimum de patrimoine faut-il ?
Un collatéral de 250 000 € constitue le plancher d’intervention de la plupart des banques privées françaises, et 500 000 € le seuil à partir duquel les conditions deviennent réellement compétitives. En dessous, l’avance sur titres proposée par votre banque est souvent plus adaptée.
Puis-je obtenir un crédit lombard en étant non-résident ?
Oui. C’est même un terrain où le nantissement se montre supérieur au crédit classique : la garantie est financière et facilement valorisable, ce qui rend le dossier lisible pour un prêteur international. Tous les établissements n’acceptent pas toutes les résidences fiscales — le choix du prêteur est ici déterminant.
Mon actif est atypique : art, vin, montres, crypto. Est-ce finançable ?
Oui, auprès de cinq de nos quatorze partenaires, à des quotités de 20 à 50 % et avec des exigences documentaires sensiblement plus lourdes : expertise indépendante récente, provenance établie, conservation en lieu contrôlé, assurance en valeur agréée. La qualité du dossier compte ici davantage que la valeur de l’actif.
Quelles pièces faut-il réunir ?
Pour un dossier standard : relevé de portefeuille détaillé de moins de trois mois, pièce d’identité, justificatif de domicile, deux derniers avis d’imposition, et le cas échéant statuts et derniers comptes de la structure porteuse. Pour un collatéral atypique, s’ajoutent expertises, certificats et attestations d’assurance.
Combien de temps prend la mise en place ?
Deux à quatre semaines pour un portefeuille de titres logé chez un dépositaire reconnu, trois à six semaines pour un contrat d’assurance-vie, six à douze semaines pour un collatéral immobilier ou non coté. Le facteur limitant est presque toujours la production des pièces, non la décision de crédit.
Faut-il transférer mes avoirs dans la banque prêteuse ?
Pas nécessairement, mais cela améliore sensiblement les conditions : un établissement qui conserve les actifs prête avec une marge inférieure et une quotité supérieure. Nous chiffrons systématiquement les deux hypothèses, transfert et nantissement externe, afin que l’arbitrage soit fait en connaissance de cause.

Risques et suivi

Appel de marge, gestion du portefeuille nanti, sortie et renégociation.

Que se passe-t-il concrètement lors d’un appel de marge ?
Le prêteur vous notifie par écrit le franchissement du seuil de couverture et ouvre un délai de régularisation, généralement de deux à dix jours ouvrés. Vous pouvez apporter des actifs ou des espèces, ou rembourser une fraction du crédit. À défaut, l’établissement peut vendre une partie du collatéral. Un délai court et une notification imprécise sont les deux clauses à corriger avant signature.
Comment éviter un appel de marge ?
En ne tirant pas plus de 70 % de la capacité autorisée, en négociant un seuil de marge élevé, en maintenant une poche défensive de 15 à 25 % dans le collatéral, et en conservant une réserve de liquidités mobilisable. Sur la correction de 2022, aucun de nos clients respectant ces règles n’a été appelé.
Puis-je continuer à arbitrer mon portefeuille ?
Oui dans la grande majorité des conventions, au sein d’un univers d’investissement défini. Ce qui est interdit, c’est le retrait d’actifs du compte gagé. Certains établissements imposent en outre un maintien de diversification ou excluent certaines classes d’actifs du périmètre nanti.
Puis-je rembourser par anticipation ?
Oui, et sans pénalité dans la quasi-totalité des offres à taux variable que nous négocions. C’est un point que nous vérifions systématiquement : un crédit lombard doit rester réversible à tout moment, faute de quoi il perd l’essentiel de son intérêt.
La banque peut-elle réduire ma quotité en cours de contrat ?
Certaines conventions le permettent en cas d’évolution défavorable du collatéral ou de resserrement de la politique de crédit. Nous écartons les clauses de révision purement discrétionnaires et suivons dans le temps le comportement des prêteurs en période de stress : ceux qui ont resserré brutalement en 2020 et 2022 ne figurent plus dans notre réseau.
Puis-je renégocier ma marge en cours de vie du crédit ?
Oui, et c’est même recommandé tous les deux à trois ans, ou dès que votre encours d’avoirs augmente sensiblement. Nous procédons à cette revue pour nos clients, en remettant le dossier en concurrence si l’établissement en place refuse d’aligner ses conditions.
Pour aller plus loin

Autres questions

Des réponses plus générales, utiles à qui découvre le crédit lombard : définitions, ordres de grandeur, fiscalité et démarches. Pour le mécanisme complet, reportez-vous à notre guide du crédit lombard.

Comprendre le crédit lombard

Qu’est-ce qu’un crédit lombard ?
Un crédit lombard est un prêt accordé par une banque en contrepartie du nantissement d’actifs financiers — portefeuille de titres, contrat d’assurance-vie ou liquidités — que l’emprunteur conserve sans avoir à les vendre. La banque prend ces actifs en garantie (le « collatéral ») et prête un pourcentage de leur valeur, généralement compris, à titre indicatif, entre 50 % et 100 % selon la nature des actifs. L’emprunteur reste propriétaire de son portefeuille et continue de percevoir les dividendes, coupons et intérêts qu’il génère. Ce financement est historiquement proposé par les banques privées à une clientèle patrimoniale, mais des acteurs en ligne l’ont rendu plus accessible. Il permet d’obtenir des liquidités ou d’investir sans céder ses positions, donc sans déclencher l’imposition des plus-values.
Comment fonctionne un crédit lombard ?
Le crédit lombard fonctionne en trois temps : la banque évalue les actifs financiers de l’emprunteur, leur applique une décote via une quotité de financement (le ratio « LTV », Loan-to-Value), puis met à disposition un prêt ou une ligne de crédit garanti par le nantissement de ces actifs. L’emprunteur signe une convention de nantissement, qui bloque juridiquement les actifs au profit de la banque sans lui en transférer la propriété. Pendant toute la durée du crédit, la banque surveille la valeur du portefeuille : si elle baisse au-delà d’un seuil, elle peut exiger un complément de garantie, c’est l’appel de marge. Le remboursement se fait le plus souvent « in fine » : les intérêts sont payés périodiquement et le capital est remboursé en une fois à l’échéance. Au remboursement intégral, le nantissement est levé et l’emprunteur retrouve la libre disposition de ses actifs.
Pourquoi parle-t-on de crédit « lombard » ?
Le terme « lombard » vient des banquiers et marchands de Lombardie, région du nord de l’Italie, qui pratiquaient dès le Moyen Âge le prêt d’argent contre remise d’un gage. Installés dans les grandes villes d’Europe — la rue des Lombards à Paris garde la trace de leur présence —, ils ont donné leur nom à cette technique de prêt garanti par des biens. Par extension, le crédit lombard désigne aujourd’hui un prêt garanti par le nantissement d’actifs financiers, principalement des titres et des contrats d’assurance-vie. L’appellation est courante en Suisse, au Luxembourg et en France dans l’univers de la banque privée.
Quelle est la différence entre un crédit lombard et un prêt classique ?
La différence principale tient à la garantie : un crédit lombard est accordé sur la valeur d’actifs financiers nantis, alors qu’un prêt classique repose d’abord sur les revenus et la capacité de remboursement de l’emprunteur. L’analyse d’un dossier lombard porte donc davantage sur la qualité, la liquidité et la diversification du portefeuille que sur les fiches de paie. Le crédit lombard est en général sans affectation : les fonds peuvent servir à investir, financer un achat ou couvrir un besoin de trésorerie, quand un crédit immobilier finance un bien précis. Il est le plus souvent in fine et de durée courte (indicativement un à cinq ans, renouvelable), sans assurance emprunteur obligatoire. En contrepartie, il expose à un risque propre : l’appel de marge en cas de baisse des marchés.
Le crédit lombard prend-il la forme d’un prêt ou d’une ligne de crédit ?
Les deux formes existent : le crédit lombard peut être une avance à terme fixe, c’est-à-dire un prêt versé en une fois pour une durée déterminée, ou une ligne de crédit utilisable librement dans la limite d’un plafond. Avec l’avance à terme fixe, le montant, la durée et le taux sont figés au départ, ce qui convient à un besoin ponctuel identifié. Avec la ligne de crédit, l’emprunteur tire et rembourse à sa convenance et ne paie des intérêts que sur les sommes effectivement utilisées, parfois assorties d’une commission de non-utilisation sur la partie disponible. La ligne de crédit sert souvent de réserve de liquidité permanente adossée au portefeuille. Le choix dépend du besoin : montant précis et daté, ou souplesse de trésorerie.
Qui peut obtenir un crédit lombard ?
Un crédit lombard s’adresse à toute personne détenant des actifs financiers nantissables d’une valeur suffisante : compte-titres, OPCVM, obligations ou contrat d’assurance-vie. En banque privée, le ticket d’entrée se situe souvent, à titre indicatif, à partir de 100 000 à 250 000 euros d’actifs confiés, tandis que certains acteurs en ligne acceptent des portefeuilles plus modestes. Les personnes morales — holdings patrimoniales, sociétés — peuvent également y recourir. La banque vérifie aussi la situation globale de l’emprunteur au titre de ses obligations de connaissance client et de lutte contre le blanchiment. Il n’est donc pas réservé aux grandes fortunes, mais il suppose un patrimoine financier mobilisable.
Pourquoi le crédit lombard est-il souvent un crédit in fine ?
Le crédit lombard est le plus souvent in fine parce que ce mode de remboursement — intérêts payés périodiquement, capital remboursé en une seule fois à l’échéance — correspond à sa logique patrimoniale. L’emprunteur conserve son portefeuille intact pendant toute la durée du prêt, et rembourse le capital au terme grâce à une rentrée d’argent prévue, à un refinancement ou, en dernier recours, à la vente d’une partie des actifs. Les mensualités se limitent aux intérêts, ce qui préserve la trésorerie courante. Cette structure diffère du prêt amortissable classique, où chaque échéance rembourse à la fois du capital et des intérêts. La contrepartie est un coût d’intérêts total plus élevé à taux égal, puisque le capital reste dû en totalité jusqu’au terme.

Montants, taux et coûts

Qu’est-ce que la LTV et quelles quotités s’appliquent selon les actifs ?
La LTV (Loan-to-Value), ou quotité de financement, est le rapport entre le montant prêté et la valeur des actifs nantis : une LTV de 60 % signifie que la banque prête 60 euros pour 100 euros d’actifs en garantie. Plus un actif est liquide et stable, plus sa quotité est élevée. À titre indicatif : liquidités et fonds monétaires 90 à 100 %, fonds en euros d’assurance-vie 90 à 100 %, obligations d’émetteurs bien notés 70 à 90 %, OPCVM diversifiés 60 à 80 %, actions de grandes capitalisations 50 à 70 %. Les actifs volatils, peu liquides ou concentrés sur une seule ligne reçoivent une quotité réduite, voire sont exclus — c’est généralement le cas des cryptoactifs. Chaque banque applique sa propre grille, révisable dans le temps.
Quel est le taux d’intérêt d’un crédit lombard ?
Le taux d’un crédit lombard se compose le plus souvent d’un index monétaire de référence — €STR ou Euribor 3 mois — augmenté d’une marge de banque comprise, à titre indicatif, entre 0,50 % et 2 %. Le niveau final dépend du montant emprunté, de la qualité et de la liquidité du collatéral, de la devise et de la relation globale avec l’établissement. À titre d’illustration purement indicative, avec un Euribor 3 mois à 2 %, un crédit à Euribor + 1 % ressortirait à environ 3 % l’an. Le taux est donc généralement inférieur à celui d’un crédit à la consommation, la garantie réduisant le risque du prêteur. Les conditions varient d’une banque à l’autre et dans le temps : seule une offre personnalisée fait foi.
Combien coûte un crédit lombard au total ? Un exemple chiffré
Le coût total d’un crédit lombard se calcule simplement pour un prêt in fine : capital multiplié par le taux et par la durée, plus les frais annexes. Exemple purement indicatif : un crédit de 200 000 euros sur trois ans au taux de 3,5 % l’an coûte 7 000 euros d’intérêts par an, soit 21 000 euros sur la durée, auxquels s’ajouteraient d’éventuels frais de dossier (par exemple 0,5 %, soit 1 000 euros). Le capital de 200 000 euros reste dû en totalité à l’échéance. Si le taux est variable, ce coût fluctue avec l’index de référence et ne peut être connu d’avance. Ce coût doit être comparé à l’alternative — vendre des titres, avec l’impôt sur les plus-values et la perte du rendement futur que cela implique.
Peut-on négocier le taux d’un crédit lombard ?
Oui, la marge appliquée par la banque sur l’index de référence est négociable, en particulier en banque privée où la tarification est individualisée. Les leviers de négociation sont le montant emprunté, la qualité et la liquidité du collatéral, une LTV demandée prudente, et l’importance de la relation globale (encours confiés, gestion sous mandat, autres produits). Faire jouer la concurrence entre plusieurs établissements, y compris luxembourgeois ou en ligne, reste le moyen le plus efficace d’obtenir de meilleures conditions. Les frais de dossier et la commission de non-utilisation peuvent également être discutés. Les marges de négociation varient selon les banques et les périodes, sans règle générale garantie.

Garanties et actifs éligibles

Quels actifs peut-on nantir pour un crédit lombard ?
Les actifs acceptés en garantie d’un crédit lombard sont principalement les actifs financiers liquides et valorisables en continu : actions cotées, obligations, OPCVM (fonds et Sicav), ETF, liquidités et dépôts, ainsi que les contrats d’assurance-vie et de capitalisation. Les comptes-titres ordinaires constituent le support de nantissement le plus courant. Chaque catégorie se voit appliquer une quotité de financement propre, plus élevée pour les actifs stables (fonds en euros, obligations bien notées) que pour les actions. Les actifs difficiles à évaluer ou à vendre — titres non cotés, parts de sociétés, œuvres d’art — sont rarement acceptés dans un cadre lombard classique. Les cryptoactifs sont généralement exclus par les banques françaises et européennes, en raison de leur volatilité et du cadre réglementaire.
Peut-on nantir un contrat d’assurance-vie pour obtenir un crédit lombard ?
Oui, l’assurance-vie est l’un des collatéraux les plus utilisés pour un crédit lombard, via un avenant de nantissement signé par le souscripteur, l’assureur et la banque prêteuse. Le nantissement porte sur la valeur de rachat du contrat : la part investie en fonds en euros, garantie en capital par l’assureur, obtient une quotité élevée (indicativement 90 à 100 %), tandis que les unités de compte, soumises aux marchés, sont davantage décotées (indicativement 50 à 80 % selon les supports). Pendant le nantissement, les rachats et arbitrages peuvent être restreints ou soumis à l’accord du créancier. Le contrat conserve son antériorité fiscale et continue de se valoriser. Cette technique est particulièrement répandue avec les contrats luxembourgeois, dont le cadre juridique facilite le montage.
Comment fonctionne concrètement le nantissement ?
Le nantissement est une sûreté sans dépossession : l’emprunteur reste propriétaire de ses actifs, mais les affecte en garantie au profit de la banque par une convention de nantissement écrite. Pour un compte-titres, la convention est signifiée au teneur de compte, qui bloque les mouvements non autorisés ; pour une assurance-vie, un avenant tripartite lie souscripteur, assureur et créancier. L’emprunteur continue de percevoir dividendes et coupons, et peut souvent gérer son portefeuille dans un cadre convenu, mais il ne peut ni vendre librement ni retirer les avoirs sans accord de la banque. En cas de défaut de paiement, la banque peut faire vendre les actifs nantis pour se rembourser, selon les modalités prévues au contrat. Au remboursement intégral du crédit, la mainlevée du nantissement rend à l’emprunteur la pleine disposition de ses actifs.

Fiscalité et patrimoine

Comment le crédit lombard permet-il d’éviter de vendre et de payer la flat tax ?
Le crédit lombard permet d’obtenir des liquidités sans vendre ses titres : or c’est la vente (la cession) qui déclenche l’imposition des plus-values, en principe au prélèvement forfaitaire unique de 30 % (12,8 % d’impôt et 17,2 % de prélèvements sociaux). En empruntant contre son portefeuille plutôt qu’en le cédant, l’investisseur ne réalise aucune plus-value imposable : les gains restent latents et non taxés tant que les titres ne sont pas vendus. Il ne s’agit pas d’une suppression de l’impôt mais d’un report : la fiscalité s’appliquera si les titres sont un jour cédés. L’arbitrage se fait donc entre le coût du crédit (intérêts et frais) et l’impôt évité à court terme, en tenant compte du rendement espéré du portefeuille conservé. Cette stratégie n’a de sens que si le coût du crédit reste inférieur à l’avantage retiré, ce qui doit être calculé au cas par cas.
Le crédit lombard est-il utile dans une stratégie de transmission ?
Le crédit lombard peut s’insérer dans une stratégie de transmission, car il permet de conserver des actifs jusqu’au décès plutôt que de les vendre de son vivant. En droit français, les plus-values latentes sont purgées au décès : les héritiers reçoivent les titres pour leur valeur au jour de la succession, qui devient leur nouveau prix de revient, sans que la plus-value accumulée par le défunt soit imposée à l’impôt sur le revenu — les droits de succession restent en revanche dus sur la valeur transmise. Les dettes existant au jour du décès, dont un crédit lombard, sont en principe déductibles de l’actif successoral dans les conditions légales. La combinaison avec l’assurance-vie, qui obéit à un régime successoral propre, est fréquente. Ces montages relèvent de l’ingénierie patrimoniale : l’accompagnement d’un notaire ou d’un conseiller en gestion de patrimoine est indispensable.
L’argent emprunté via un crédit lombard est-il imposable ?
Non, les sommes reçues au titre d’un crédit lombard ne sont pas imposables : un emprunt n’est pas un revenu, c’est une dette qui devra être remboursée. L’opération ne déclenche donc ni impôt sur le revenu, ni prélèvements sociaux, ni plus-value, puisqu’aucun actif n’est cédé. En revanche, les revenus que continue de produire le portefeuille nanti — dividendes, coupons, gains d’arbitrage — restent imposés dans les conditions habituelles, comme si le crédit n’existait pas. De même, la vente ultérieure de titres pour rembourser le capital constituera une cession imposable au titre des plus-values. Enfin, les contrats de prêt conclus avec des établissements étrangers peuvent être soumis à des obligations déclaratives spécifiques en France, à vérifier avec un conseil.

Démarches et banques

Banque privée ou acteur en ligne : où souscrire un crédit lombard ?
Le choix dépend du patrimoine et du besoin : la banque privée offre du sur-mesure — quotités négociées par ligne, devises multiples, articulation avec la gestion sous mandat et l’ingénierie patrimoniale — mais avec des seuils d’entrée élevés, souvent plusieurs centaines de milliers d’euros d’actifs confiés à titre indicatif. Les acteurs en ligne proposent des parcours standardisés, des seuils d’accès plus bas et une tarification souvent plus lisible, au prix d’une personnalisation moindre et de grilles de collatéral plus rigides. Les banques luxembourgeoises constituent une troisième voie, prisée pour les montages adossés à l’assurance-vie luxembourgeoise et les situations internationales. Un même emprunteur peut solliciter les trois canaux et comparer les offres reçues. La qualité du suivi en cas de turbulences de marché — gestion des appels de marge notamment — mérite d’entrer dans la comparaison.
Pourquoi les contrats d’assurance-vie luxembourgeois sont-ils souvent utilisés en crédit lombard ?
L’assurance-vie luxembourgeoise est un collatéral recherché parce que son cadre juridique se prête bien au nantissement : le « triangle de sécurité » luxembourgeois sépare les avoirs des clients du bilan de l’assureur et de la banque dépositaire, et le souscripteur bénéficie d’un « super-privilège » qui le place en créancier de premier rang en cas de défaillance de l’assureur. Ces contrats sont fiscalement neutres — la fiscalité applicable est celle du pays de résidence du souscripteur — et acceptent une grande variété de supports et de devises, y compris des fonds internes dédiés. Les banques luxembourgeoises ont une longue pratique du crédit adossé à ces contrats, avec des circuits de nantissement rodés entre assureur, banque et souscripteur. Pour un résident français, le contrat luxembourgeois est traité fiscalement comme une assurance-vie française, sous réserve d’obligations déclaratives spécifiques.
Comment comparer plusieurs offres de crédit lombard ?
Pour comparer des offres de crédit lombard, examinez cinq blocs : le coût — index de référence, marge, frais de dossier, commission de non-utilisation — ; les quotités de financement accordées à vos actifs, ligne par ligne ; les seuils et modalités d’appel de marge (niveau de déclenchement, délai de régularisation, marge de tolérance avant vente forcée) ; la souplesse d’utilisation — ligne de crédit ou avance à terme, devises, remboursement anticipé, conditions de renouvellement — ; et les contraintes sur la gestion du portefeuille nanti. Une offre au taux légèrement supérieur mais aux seuils d’appel de marge plus tolérants peut se révéler préférable en cas de secousse des marchés. Demandez des simulations écrites sur des scénarios de baisse de 20 à 30 % du portefeuille, à titre indicatif. Enfin, vérifiez le coût d’opportunité global si l’offre exige de transférer vos avoirs dans l’établissement prêteur.

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